• S'indigner, signe de santé mentale

    Clin d'oeil pour les 3èmes

    qui ont travaillé en Français sur le livre :

    indignez vous-hesse  

    Le succès immense de l'ouvrage Indignez-vous !, de Stéphane Hessel, n'a pas fini d'étonner les éditeurs, le public et les sociologues. Signe d'un besoin profond de réagir, de ne pas subir, de protester. Cette attitude serait profondément saine, suggèrent les travaux des psychologues.

    Cette année vient de s'achever une vaste étude psychologique réalisée sur deux décennies, portant initialement sur la santé mentale des jeunes Allemands en 1985. Les psychologues Klaus Boehnke et Becky Wong, de Brême et de Singapour, avaient alors suivi des activistes (âgés de 14 ans en moyenne) engagés dans les mouvements antinucléaires au plus fort de la guerre froide, lorsque l'Allemagne s'apprêtait à accueillir des missiles de l'otan, et d'autres jeunes non engagés dans de tels mouvements. Ils avaient commencé à évaluer leur degré de bien-être psychique, leurs problèmes d'anxiété ou de troubles psychosomatiques notamment, et recommencèrent à trois ans d'intervalle jusqu'en 2006.

    L'étude est aujourd'hui achevée et livre son enseignement principal : de deux jeunes qui affirment que la menace nucléaire est élevée en 1985, celui qui se lance dans des mouvements de protestation contre l'implantation des missiles, connaît moins de troubles mentaux 20 ans plus tard, que celui qui n'a pas manifesté son désaccord.

    L'activisme en soi n'est pas une thérapie. Il serait plutôt le signe d'une bonne santé mentale. A contrario, l'inaction devant une menace globale serait inquiétante, car reflétant une certaine incapacité de réagir face aux difficultés du quotidien. Les jeunes qui ne se mobilisaient pas en 1985 révélaient en fait leur difficulté à traduire leur angoisse en actes, et cette difficulté devait affecter ultérieurement d'autres domaines de leur vie. Il n'est pas étonnant que, 20 ans plus tard, ils soient dans une situation mentale plus délicate.

    Dès lors, l'indignation ou la protestation pourraient constituer un apprentissage. Une initiation à l'art de transformer son angoisse pour ne pas l'intérioriser, et chercher des solutions. On peut aider cette initiation par l'éducation. Dans leur étude, de K. Boehenke et B. Wong ont constaté que le niveau d'éducation des jeunes est souvent prédictif de leur militantisme. Le citoyen trouve dans l'instruction des façons de mettre en œuvre ses capacités de protestation. Se documenter, lire – et s'indigner – c'est déjà traiter son angoisse, la structurer, éviter qu'elle reste indifférenciée et intériorisée. Comme le soulignent K. Boehenke et B. Wong, la culture et l'engagement politique sont peut-être un enjeu de santé mentale.

    Source : http://www.pourlascience.fr/ 17/05/11

     


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    1
    Valérie
    Samedi 8 Septembre 2012 à 21:30
    Livre à lire . Ainsi on s'aperçoit qu'il n'est pas anormal de s'insurger contre l'injustice même à 45 ans. Réagir à une situation, s'indigner... voire agir permet aussi de se sentir en vie. J'espère continuer à réagir ainsi à 80 ans et peut-être à 100 ans.Bref, comme dit ma fille de 18 ans, je suis et serai toujours une rebelle.
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :